Conciliation études-travail

Plusieurs élèves du secondaire occupent un emploi en cours d’année scolaire, entre autres, afin de pourvoir à leurs dépenses personnelles, acquérir de l’expérience, économiser, etc. D’ailleurs, près de 45% des élèves du secondaire estiment le travail aussi important que l’école. Néanmoins, bien que les rôles de travailleur et d’élève peuvent être compatibles, soulignons qu’il faut une bonne conciliation entre le travail et les études afin de maximiser les retombées positives et de limiter les inconvénients liés au cumul études-travail.

Ainsi, afin de permettre aux élèves de trouver l’équilibre quant à la conciliation études-travail, observons les bienfaits et les risques liés à l’occupation d’un emploi étudiant, le rôle et les responsabilités de chacun (élèves, parents, employeurs, etc.) et enfin, les outils pouvant être utilisés par les élèves et leurs parents dans le but de favoriser une meilleure conciliation études-travail.

Bienfaits et risques

Le fait de pouvoir occuper un emploi à l’adolescence présente plusieurs avantages importants. Les jeunes peuvent en effet développer une plus grande autonomie et un sens des responsabilités, ils apprennent également à gérer leur argent et peuvent ainsi assumer certaines dépenses personnelles. Apprivoiser le marché du travail, apprendre à gérer son horaire, développer ses capacités de communications, apprendre à mettre ses limites, développer sa confiance en soi et augmenter son employabilité ne sont que quelques autres exemples des bienfaits d’un emploi à temps partiel pour nos jeunes.

Toutefois, il importe de prendre conscience des risques associés au travail si une certaine limite est franchie. En effet, les recherches notent qu’au-delà de 15 h par semaine, les avantages liés à un emploi étudiant ont des chances d’être remplacés par des désagréments. En plus du nombre d’heures, il faut également tenir compte des contraintes liées au travail, par exemple, les contraintes relationnelles (mauvaise ambiance de travail, situation tendue avec le public, etc.), les contraintes physiques (mouvements répétitifs, rester debout, etc.) et les contraintes en lien avec la charge de travail (nombre de tâches, travail exigeant beaucoup de concentration, etc.). Un élève qui travaillerait un nombre d’heures trop élevé ou avec trop de contraintes pourrait vivre des échecs scolaires, se désengager de ses études et en venir à vivre une détresse psychologique. Il est donc primordial de ne pas rompre l’équilibre existant pour vivre une bonne conciliation études-travail. Pour évaluer le nombre d’heures de travail adéquat pour un adolescent, on doit également tenir compte de l’état de santé du jeune, de sa capacité scolaire et de ses activités parascolaires. Le but étant de pouvoir maintenir un mode de vie sain et équilibré qui laisse aussi de la place aux activités personnelles, sociales, familiales et aux loisirs.

Rôles et responsabilités

Qui plus est, l’adolescent doit également s’impliquer dans son rôle d’élève, la principale préoccupation d’un jeune devrait être sa réussite scolaire et il devrait en comprendre l’importance en tout temps.  L’argent à court terme, oui, mais investir dans ses études, ça n’a pas de prix. Intégrer le marché du travail avant d’obtenir un diplôme peut avoir des conséquences néfastes sur l’avenir, par exemple, en raison d’une précarité en emploi, d’un manque de qualification, d’un revenu moins élevé, etc. Son métier d’élève demande qu’il mette tout en œuvre pour réussir ses études et il doit faire comprendre le tout à son employeur tout en comprenant les besoins de celui-ci. Pour aider son employeur, l’élève doit : partager son horaire scolaire, l’informer le plus rapidement possible des changements probables imposés par une séance d’examen ou une période intensive de travaux et ne pas hésiter à discuter avec son employeur si la charge de travail devient trop intense. Ainsi, il se créera une alliance gagnante basée sur le respect et la confiance.

 

Les parents ont aussi une part importante dans la conciliation études-travail; celle de soutenir leur enfant.  Nous vous suggérons de maintenir une bonne communication avec votre enfant afin de rester informés quant au déroulement de son intégration sur le marché du travail, des tâches qui lui seront demandées et du nombre d’heures consacrées à son travail. De plus, il faut rester aux aguets quant à d’éventuels signes de surmenage : stress, fatigue, retard au travail ou en classe, baisse de concentration ou de motivation scolaire. En portant attention à ces aspects, vous serez ainsi en mesure de mieux soutenir votre adolescent pour l’aider à se fixer des limites en fonction de ses capacités et de ses besoins. La priorité doit toujours rester la réussite scolaire et de garder le cap sur son projet d’études.

 

L’employeur a aussi un rôle primordial à jouer dans cette conciliation, et ce, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre qui s’accroît d’année en année. Limiter le nombre d’heures n’est pas le seul élément à considérer, il faut aussi tenir compte de différentes contraintes de travail. À titre d’exemple, un horaire de nuit peut nuire au cycle du sommeil de l’élève (contrainte d’horaire) au même titre qu’un travail trop exigeant physiquement peut nuire au niveau d’énergie (contrainte physique). Bien que l’employeur doive penser aux intérêts de son entreprise, il a également le devoir moral de favoriser la diplomation de ses travailleurs/élèves en priorisant la fréquentation scolaire, par exemple, en adaptant l’horaire de travail selon les examens ou les congés scolaires. D’ailleurs, l’employeur peut tirer plusieurs avantages d’une bonne conciliation études-travail, entre autres, une meilleure rétention des travailleurs/élèves, une augmentation de la productivité ainsi qu’une diminution de l’absentéisme et des accidents de travail.

 

En somme, rappelons qu’un travail étudiant se doit d’être une expérience complémentaire heureuse et qu’un harmonieux équilibre entre le travail et les études permettra autant aux jeunes, aux employeurs et aux milieux scolaires de récolter les nombreux bénéfices tout en limitant les risques. Enfin, vous trouverez ci-bas des outils utiles pour favoriser une bonne conciliation études-travail.

Outils

Cet outil de la Table régionale de l’éducation de la Mauricie (T.R.E.M) permet de générer un rapport personnalisé et instantané sur la répartition du temps en contexte de conciliation études-travail.

Cet outil de la T.R.E.M porte sur la conciliation études-travail ainsi que sur les normes du travail.

Cet outil-diagnostic permet de faire son bilan général sur sa situation, ses études, son travail et sa santé en contexte de conciliation études-travail.

 

 

Texte rédigé par Annie Coulombe, Janifer Massicotte, Martin De Roy et Francis Mailhot, conseillers et conseillères d’orientation à l’école Chavigny. 

Sources :

CTREQ : Savoir concilier études et travail.

TREM : Des outils pour la conciliation études – travail.

Alloprof : Favoriser une bonne conciliation travail-études.